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Ces discours, vous les connaissez, ils sont rabâchés (de la même façon) toute la journée sur tous les médias. Ce que nous proposons ici, c'est d'avoir non pas des certitudes, mais des éléments de réflexion, car pour se faire une idée des évènements il faut lire plusieurs point de vue. Et ce n'est pas en écoutant les "médias officiels" que vous pourrez en avoir !
Il ne suffit pas de s’informer, ils faut s’impliquer !




La
»Russie« »ignore«

Posté le Samedi 13 Avril 2019

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a reconnu mardi à Moscou que des « spécialistes » russes se trouvaient effectivement au Venezuela dans le cadre d’un accord de coopération technico-militaire conclu en 2001 avec Caracas. Zakharova a souligné que la coopération militaire bilatérale de la Russie avec le Venezuela était conforme à la constitution de ce dernier pays et reposait sur des bases légales, ce qui « ne nécessite aucune approbation supplémentaire de la part de l’Assemblée nationale du Venezuela (sous contrôle de l’opposition) ».


Colonel General Vasily Tonkoshkurov

Les médias ont rapporté que deux avions de l’armée de l’air russe ont atterri samedi à Caracas, avec Vasily Tonkoshkurov, chef d’état-major des forces terrestres, et près de 100 militaires avec 35 tonnes de matériel. Un responsable non identifié de l’ambassade de Russie à Caracas a déclaré à Sputnik que le personnel russe était arrivé pour « échanger des consultations. La Russie a divers contrats en cours d’exécution, des contrats à caractère technico-militaire. »

Les propos de M. Zakharova interviennent un jour après que le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a reçu un appel de son homologue, Mike Pompeo, le 25 mars. Le côté russe a précisé que Pompeo était « intéressé par certaines questions liées à l’évolution de la situation au Venezuela ». Il a ajouté : « Sergueï Lavrov a souligné que les tentatives de Washington d’organiser un coup d’État au Venezuela, et les menaces contre son gouvernement légitime constituaient une violation de la Charte des Nations Unies et une ingérence flagrante dans les affaires intérieures d’un État souverain … Après avoir énoncé les principales différences entre les positions russes et américaines, les responsables ont accepté de rester en contact et de continuer à échanger leurs évaluations. »

Selon le département d’État, Pompeo a averti la Russie « de mettre fin à son comportement peu constructif » au Venezuela « et que Washington et ses alliés régionaux ne resteront pas inactifs pendant que la Russie exacerbe les tensions ». Il a également déclaré que Pompeo accusait la Russie « d’ingérence permanente… pour soutenir le régime illégitime de Nicolas Maduro au Venezuela [qui] risque de prolonger les souffrances du peuple vénézuélien, qui soutient massivement le président par intérim Juan Guaido ».

Dans une série de tweets lundi et mardi, le conseiller américain à la Sécurité nationale, John Bolton, exprime sa colère et sa frustration : « Maduro a perdu le soutien du peuple vénézuélien. Il compte donc sur le soutien des Cubains et des Russes pour usurper la démocratie et réprimer des civils innocents. … Plutôt que d’envoyer des bombardiers à capacité nucléaire et des forces spéciales pour soutenir un dictateur corrompu, la Russie devrait collaborer avec la communauté internationale pour soutenir le peuple vénézuélien. Les États-Unis ne toléreront pas que des puissances militaires étrangères hostiles s’immiscent dans les objectifs partagés d’établir la démocratie, la sécurité et l’État de droit dans l’hémisphère occidental… Maduro demande aux hommes de main cubains et russes de réprimer le peuple du Venezuela. »

Avec ces développements, la situation de crise autour du Venezuela peut être considérée comme ayant pris une dimension de nouvelle guerre froide. Manifestement, Moscou a pesé le pour et le contre de la situation au Venezuela et a décidé d’être sans complexe avec son soutien au gouvernement Maduro. Malgré les fureurs américaines, Moscou ne montre aucun signe de recul.

La grande question qui nous attend est de savoir si la Russie gravira les échelons de l’escalade. En effet, l’intensification de la coopération technico-militaire découle de la constatation, à Moscou, du fait que les tentatives désespérées des États-Unis pour organiser/parrainer un coup d’État militaire à Caracas ne donnent aucun résultat. Dans un entretien avec la télévision russe, le président Nicolas Maduro a annoncé aujourd’hui qu’« une session de travail de haut niveau sur la coopération intergouvernementale » entre la Russie et le Venezuela devrait avoir lieu en avril. « Nous allons signer 20 documents sur la coopération économique , commerce, culture, énergie et éducation. »

Il est inutile de rappeler que Moscou entend renforcer son soutien à Maduro et élabore actuellement un plan d’action pour mettre en place un programme global de coopération bilatérale dans une perspective à moyen et long terme. Cela peut seulement signifier, selon l’évaluation russe, que le projet américain de renversement du régime par le biais de sanctions économiques et d’autres actions secrètes – comme le sabotage de l’alimentation électrique – et diverses méthodes de pression politique et diplomatique – notamment la confiscation illégale des avoirs vénézuéliens à hauteur de dizaines de milliards de dollars – peuvent et doivent être contrés. Il est intéressant de noter que Cuba, qui possède une riche expérience dans la lutte contre la politique coercitive des États-Unis, travaille main dans la main avec la Russie dans ce sens.

Selon toute apparence, du moins jusqu’à présent, une intervention militaire directe des États-Unis au Venezuela pour changer de force le régime n’est pas à l’ordre du jour. Au contraire, une guerre d’usure du style de l’époque de la guerre froide semble se profiler. La Russie peut-elle soutenir le fardeau économique et financier que cela implique ? Toutefois, l’analogie de l’intervention russe en Syrie n’est pas valable dans la mesure où le Venezuela est potentiellement un pays riche, doté des plus grandes réserves d’hydrocarbures prouvées au monde. De même, la Chine est également partie prenante de la stabilité économique du Venezuela.

D’autre part, il est extrêmement important pour la Russie que les États-Unis, qui aspirent à devenir le premier exportateur de pétrole et de gaz, ne contrôlent pas les vastes réserves vénézuéliennes, car cela signifierait qu’une énorme capacité tomberait entre les mains de Washington pour manipuler l’offre et la demande sur le marché mondial de l’énergie et fixer le prix du pétrole et du gaz.

Sur le plan géopolitique, une forte présence russe au Venezuela devient un atout de négociation pour Moscou face aux déploiements croissants de l’OTAN et des États-Unis le long des frontières occidentales de la Russie en Europe centrale et orientale et dans les États baltes. Cela seul fait du Venezuela un partenaire stratégique pour la Russie.

En termes clairs, toute projection de puissance russe dans l’arrière-cour américaine fera pression pour qu’à un certain moment Washington ressente – plutôt tôt que tard – l’impératif d’engager de manière constructive un dialogue et des négociations avec Moscou, aussi décevante que puisse être cette perspective.

En fait, à un moment donné, Zakharaova a clairement évoqué la doctrine Monroe de l’administration Trump, demandant d’un ton acerbe : « Que font-ils (les États-Unis) eux-mêmes dans l’hémisphère oriental ? Ils croient peut-être que les peuples de cette partie du monde seront reconnaissants lorsque Washington remplacera à sa guise des dirigeants et éliminera ceux dont elle ne veut pas. Ou encore, les États-Unis continuent-ils de croire que les gens attendent que les Américains leur apportent la démocratie sous les ailes de leurs bombardiers. Demandez aux Irakiens, aux Libyens ou aux Serbes ce qu’ils en pensent. »

Zakharova n’a pas explicitement mentionné l’Ukraine ou les États baltes, la Pologne, la mer Noire et le Caucase, mais le sens implicite est clair : si les États-Unis s’immiscent dans l’arrière-cour de la Russie, Moscou se réserve le droit de prendre des mesures de représailles. Un point c’est tout. Il est utile de rappeler que le dénouement de la crise des missiles cubains en 1962 reposait en définitive sur le retrait réciproque des missiles russes à Cuba et des missiles américains déployés en Turquie.

L’appel téléphonique de Pompeo à Lavrov donne à penser que les États-Unis tentent de sonder les intentions de la Russie. Il est intéressant de noter que, selon le côté russe, Lavrov a également évoqué la Syrie et l’Ukraine lors de la conversation avec Pompeo. Les propos de Lavrov étaient plutôt sévères : « Il (Lavrov) a également souligné que l’intention des États-Unis de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le Golan conduirait à une grave violation du droit international, entraverait le processus du règlement syrien et aggraverait la situation au Moyen-Orient. Parlant de l’Ukraine, Sergueï Lavrov a déclaré que les tentatives de Washington de torpiller les accords de Minsk sur le règlement du conflit intra-ukrainien par le régime de Kiev étaient inacceptables. »

Curieusement, au contraire, le département d’État américain a complètement omis de mentionner la Syrie ou l’Ukraine. À l’évidence, la patate était trop chaude pour que Washington puisse même reconnaître que Lavrov ait pu établir un parallèle avec le comportement des États-Unis dans « l’hémisphère oriental », ce que la Russie juge absolument inacceptable [Exceptionnalisme oblige, NdT].
M.K. Bhadrakumar
Mots clés : Venezuela, Russie, US,


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Le message du Brexit à l’UE


Le dénouement de la saga du Brexit étant encore incertain, l’Union européenne ferait bien de réexaminer ses performances en tant qu’expérience audacieuse d’ingénierie sociopolitique à grande échelle. Même si, comme on pouvait s’y attendre, le Royaume-Uni parvient d’une manière ou d’une autre à esquiver le Brexit et à rester lié à l’UE, il n’en reste pas moins que des millions de Britanniques et d’autres Européens sont mécontents de certains aspects de cette expérience.

Le premier problème avec l’UE est que, bien qu’elle s’appelle une union, elle n’en est pas vraiment une. Certes, elle possède un drapeau, un hymne, un parlement, un conseil de ministres, et même des pseudo-ambassades dans de nombreux pays, mais en dépit de ces signes extérieurs d’un État, l’UE est essentiellement un club économique et non un État.

Même alors, l’UE est essentiellement concernée par deux branches de l’économie : l’industrie et l’agriculture, des secteurs qui représentent environ 32% du produit intérieur brut (PIB) combiné des 28 États membres. Dans le cas de la Grande-Bretagne, qui est principalement une économie fondée sur les services, l’industrie et l’agriculture représentent environ 25% du PIB.

Le budget annuel de l’UE représente environ 1% du PIB total de ses 28 membres. Cependant, en moyenne, l’État dans les 28 pays membres contrôle les dépenses d’environ 50% du PIB.

Les aspects clés de l’économie, y compris la fiscalité, les taux d’intérêt et, mis à part les membres de la zone euro, les monnaies nationales ne sont pas du ressort de l’UE.

Les États membres de l’UE représentent de nombreux souvenirs et expériences historiques. Les Britanniques sont façonnés par deux siècles d’expérience coloniale, suivis d’un bref flirt avec la social-démocratie se transformant en la version thatcherienne du capitalisme caricaturé en un seul mot : la cupidité. Les membres Nordiques de l’UE sortent de sept décennies de démocratie sociale avec le « bien-être » comme concept clé.

L’Allemagne et L’Autriche s’enorgueillissent de leur modèle économique de « marché social », considéré avec une profonde méfiance dans les autres pays européens. L’Italie, et dans une moindre mesure la Grèce, L’Espagne et le Portugal ont un modèle « noir et blanc » dans lequel l’économie non officielle ou souterraine est presque aussi grande que l’économie officielle. Les trois pays du Benelux, La Belgique, Les Pays-bas et le Luxembourg ont vécu avec ce qu’ils appellent le « capitalisme social » – un système dans lequel le rôle principal de l’État est de redistribuer la richesse créée.

La France, selon le parti au pouvoir à un moment donné, a hésité entre le modèle germano-autrichien et le modèle du Benelux.

Les membres d’Europe centrale et orientale faisaient tous partie du Pacte de Varsovie et du Comecon dominés par l’Union Soviétique et avaient l’habitude d’attendre de l’État et du parti au pouvoir qu’ils prennent toutes les décisions et répondent à tous leurs besoins.

Ils ont aussi une longue histoire d’hostilité les uns envers les autres. Laissant de côté une longue histoire de guerres, dont certaines ont duré plus de 100 ans, peu d’amour est resté entre les Français et les Allemands, ou les Britanniques d’ailleurs. Pour les Hongrois, les plus haïs du monde sont les Roumains qui dirigent encore plus de quatre millions de « Hongrois captifs » dont ils ont annexé le territoire en 1919.

Les Irlandais aiment les Anglais autant que les Hollandais aiment les Allemands, c’est-à-dire pas beaucoup. Les Italiens se souviennent encore de l’oppression des Autrichiens et les Espagnols n’ont pas oublié leur lutte contre Napoléon.

Il est étonnant que l’UE ait réussi à rassembler autant de nations dans une région qui a l’histoire la plus longue et la plus intense de rivalités et d’inimitiés nationales par rapport à toute autre région du monde. Ce succès est dû en partie aux craintes suscitées par la guerre froide et aux espoirs attendus de la chute de l’Empire soviétique.

Les nations d’Europe occidentale ont senti le besoin de mettre de côté les vieilles inimitiés pour faire face à « l’ogre communiste à l’Est ». Dans l’ère post-soviétique, les pays d’Europe centrale et orientale se sont empressés de rejoindre l’UE et l’OTAN pour mettre autant de distance que possible entre eux et leurs anciens oppresseurs russes.

Il va sans dire que les États-Unis ont encouragé la formation du marché commun d’origine et ont soutenu sa transformation en UE dans le cadre d’une stratégie globale visant à contenir l’URSS. Dans ce contexte, l’UE [Non, l’OTAN, Ndt] a joué un rôle majeur pour assurer la paix et la stabilité sur un continent qui a été témoin de la plupart des guerres que l’humanité a vécues dans l’Histoire.

L’UE a également accompli un excellent travail dans le cadre de la politique dite de mise à niveau, qui consiste à aider les nouveaux membres à atteindre une certaine parité avec les membres fondateurs dans des domaines clés tels que l’État de droit, les valeurs démocratiques, les réglementations économiques et le comportement international.

Le Brexit a mis en lumière les principaux défis auxquels l’UE est confrontée. Le premier défi concerne une surestimation généralisée du rôle de l’UE. Cela est dû au fait qu’elle est perçue comme un État supranational, ce qu’elle n’est certainement pas. Dans de nombreux États membres, les responsables politiques locaux aiment à blâmer l’UE pour leurs propres manquements, même dans des domaines qui ne concernent pas l’union.

L’UE est également confrontée au défi posé par le retour de l’État-nation en tant que modèle le plus populaire d’organisation sociopolitique à travers le monde. À l’heure actuelle, toutes les organisations supranationales et/ou internationales, des Nations unies à l’OTAN, sont considérées avec suspicion, voire hostilité, non seulement en Europe, mais aussi dans le monde entier.

Les dirigeants de l’UE et ceux qui la soutiennent feraient bien d’offrir une image plus modeste et plus réaliste de l’union en tant que club économique s’intéressant à certains aspects de l’économie de ses membres et non en tant que putatif « États-Unis d’Europe. »

L’UE a prétendu être une machine essayant d’imposer l’uniformité à des nations qui se sont toujours vantées de leur spécificité. Elle peut survivre et même prospérer si elle œuvre pour l’unité dans la diversité.

Même si cela ne se produit jamais, le message du Brexit à l’UE est le suivant : « Rabaisse ta vanité ! ».

Amir Taheri a été rédacteur en chef du quotidien Kayhan en Iran de 1972 à 1979. Il a travaillé ou écrit pour d’innombrables publications, publié onze livres et est chroniqueur pour Asharq Al-Awsat depuis 1987.